Le Banksy yéménite

Le Yémen, fief d’Al-Qaida dans la péninsule arabique, se classe 154e sur 187 pays à l’indice de développement humain de l’ONU. Pas besoin de préciser qu’un simple graf’ sur le mur est passible de mort. Malgré la menace, Murad Subay combat la dérive islamiste de son pays avec des bombes…de peinture.

Le Banksy du Yémen expose ses oeuvres dans la rue, aux yeux de tous. Son but?  Dénoncer la guerre civile qui oppose les milices chiites au gouvernement sunnite, soutenu par l’Arabie Saoudite (à noter que les États-Unis ne sont pas très loin…) Un conflit dont on parle peu et qui a pourtant déjà fait plus de 7000 morts en un an.

Si Murad était un activiste convaincu lors du Printemps arabe en 2011, il a aujourd’hui choisi le combat pacifique : « Jeter des pierres ne suffit pas. Alors que puis-je faire sinon peindre mon indignation ? »
Ses peintures, chargées de messages de paix et d’espoir, dénotent avec le paysage désolé de son pays, en proie à la guerre civile depuis 2014. Avant tout citoyen, Murad invite tous les yéménites à se joindre à son combat créatif. « Mes peintures ne seraient rien sans les autres. » Les soldats se seraient même prêtés au jeu, abandonnant un temps leurs armes pour des pinceaux.

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12 Hour campaign, by M. Subay

Ses messages irrévérencieux et osés mettent en doute les positions des politiques de son pays, quelque peu opaques. Les autorités n’ont pas réussi à arrêter Murad, qui a déjà coloré son pays de 2000 peintures. Une prouesse dans un Yémen gangréné par la censure et le contrôle. Le street artiste a d’ailleurs créé The Walls Remember Their Faces, une série de portrait de politiciens, journalistes et opposants qui ont mystérieusement disparus, sans aucun doute tués ou kidnappés par le régime. Ils seraient plus de 100.

Un artiste engagé à suivre de très près. Visitez sa galerie et suivez le sur Twitter !